Dur comme fer : "Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour" version Cocteau. "Tell me love isn't true. It's just something that we do" version Madonna.
On se trompe à croire que l'amour est un solide.
L'amour est un gaz. Pour en faire l'expérience, il faut produire des étincelles et respirer le souffle de l'explosion.
Cet été, je me suis offert une bague en argent. Depuis des années j’en désirais une, mais j’attendais qu’on me l’offre. Qu’un garçon que j’aime, fasse alliance avec moi. Comme il ne l’a pas fait, et aucun autre avant lui, je me suis décidé et j’ai choisi de la porter sur l’annulaire de la main gauche : cela a contribué à faire de cette bague une alliance.
Désormais je fais alliance avec moi-même et je me suis promis fidélité, partage des joies et des peines, aide dans les difficultés.
Pour aimer, il faut endosser sa part de responsabilité, et ce à jeu égal avec l’autre. Ne pas demander à l’autre de vous sauver, il a déjà tellement à faire avec lui-même. Cette alliance participe de cette démarche. Je me suis allié à celui qui peut le plus pour moi. De ce fait je me sens prêt à être un allié pour l’autre.
À mon retour, il m’a quitté, mais celui qu’il a quitté je l’avais quitté avant lui. Manque de synchronisme. L’amour avec les autres, de mon expérience, pâti souvent de cela. Mais il ne faut pas se décourager. L’amour est toujours prêt à surgir lorsqu’on l’attend le moins. Il est l’une des ressources inépuisable de ce monde. Comme le vent qui circule dans l’espace et dégage les ciels les plus noirs. Je ne suis plus seul.
Tout est parti d'un message reçu hier, ici même, qui m'a d'abord fait rire, puis m'a donné une vague envie de pleurer.
Historique de vos conversations avec XXXX. (garçon de 33 ans !)
09/10/2008
XXXX 23:36 slt ca va ?
(Pas de réponse de ma part)
16/10/2008
XXXX 15:43 deface tu es pas aussi bo que ca je pensé que c'est un charmant mais finalement sans plus donc pas de regret que tu me reponse pas
Ce monologue récent me désole plus que de raison. Pas tant pour la syntaxe, l'auteur visiblement est en plein apprentissage de la langue française et c'est tout à son honneur, mais si c'est pour formuler des choses pareilles il ferait mieux d'apprendre l'allemand, au moins je pourrais ignorer ce qu'il a en tête. Il ne blesse pas mon égo mais une certaine idée que je me fais de la relation à l'autre.
Actuellement mon état me permet de ne pas prendre personnellement ce message : la question de mon "charme" n'est pas une préoccupation, d'autant que je n'ai aucun doute, je suis plein de charme, un certain regard sur moi me le confirme. Mais qu'en est-il quand ce même monologue atteint celui, plus jeune, plus inquiet du regard des autres, ou tourmenté par des doutes abyssaux.
XXXX est une Vilaine fille. C'est triste pour lui. On ne se sauve pas de son malheur en essayant d'y emporter les autres avec soi.
Il faudrait donc éditer un guide destiné aux handicapés de la séduction (en ligne) et de la relation à l'autre. On ne pense jamais à ces handicapés là et pourtant ils sont pléthores.
Je commence succinctement.
1. Pour arriver à ses fins, il faut prendre des risques. S'exposer.
contre exemple : "slt ca va ?"
2. L'autre n'est jamais celui qu'on croit. A propos de la projection... à développer.
3. L'insulte ne paie jamais.
4. L'élégance est toujours un atout.
5. Les photos sont des images et il faut se méfier des images (dans un sens comme dans l'autre) cf point 2.
6. Il ne faut pas prendre l'autre pour son ennemi (si tel est le cas se rendre tout de suite chez le psy le plus proche de votre domicile.)
7. L'autre ne pourra jamais combler votre vide intérieur. N'attendez jamais autre chose qu'une solidarité de 2 solitudes, et seulement s'il est disponible à cela. Parfois il n'en a pas envie et rien de bon n'a lieu sans envie.
Et là, pour une fois je veux bien des commentaires pour allonger la liste de ce futur manuel... certains en ont un besoin urgent.
Lorsque j’écris, je suis tout en prière. Concentré sur ma disposition à l’amour et à l’indulgence, comme parfois l’on s’y essaye en parlant avec un frère humain, dans la nuit, à voix basse. À l’occasion, quand le désir est soulagé. C’est reposant.
À l’oral, ressurgissent les peurs que l’on projette sur l’autre, le désir qui crie famine, le frêle amour de soi qui cherche un adoubement. Tout cela peut mener à entrer en guerre avec l’autre, jusqu’à l’échec sanglant. Mais c’est aussi une sacrée chance de grandir, d’apprendre de l’autre des variations subtiles ou radicales du désir, des peurs qui dans notre aveuglement nous tourmentent, ou auxquelles on est étranger, et que sais-je encore, je n’ai pas fini d’apprendre.
Le chemin de la réconciliation, pour ceux qui ont cette exigence (mais ayez là Nom de Dieu !) cherche, je le crois de plus en plus, à faire dialoguer la parole et l’écrit.
Moi qui suis d'un naturel souriant, j'ai toujours été incapable de sourire sur les photos.
Tout le monde y arrive sauf moi (?). Aussi je pose cette question : à qui doit-on sourire ?
Si quelqu'un m'apportait une réponse satisfaisante à cette question, rien qu'à celle-là, cela justifierait les heures passées ici. Mais je vais aussi la poser à quelques amis.
Une bonne nouvelle. La science n'a toujours pas réussi à répondre à ma demande concernant un croisement entre Sufjan Stevens et Richard Brautigan, en revanche, le cinéma a un nouvel enfant. Ils sont trois en l'occurrence, et les parents nombreux, mais il me semble que Jacques Tati et Aki kaurismaki ont fait partie des géniteurs. Félicitations aux vieux parents ... et à leur progéniture !
... « Apprendre de l’autre ne signifie pas nécessairement être d’accord avec lui, mais être sûr d’avoir fait tout ce qui est humainement possible pour le comprendre », rappelait le Dr Rowan Williams. Citant ? ... Citant qui ? Celui où celle qui peut me répondre gagnera ... mon estime ! Ca intéresse quelqu'un mon estime ?
Je rêve d’un monde d’insoumis. Un monde où chacun pourrait circuler, refuser les certitudes, émettre ses doutes sans avoir peur de se faire laminer, exprimer son désir sans l’imposer aux autres, chercher à le réaliser… Mais je sais que cette utopie, n’arrivera pas de mon vivant, et peut-être jamais, et moi-même je n'y arrive pas vraiment. Donc, je vis dans ce monde où beaucoup se soumettent et ou d’autres cherchent à vous dominer. Je pourrai partir en campagne, mais très vite je devrais me confronter à la virulence du dominateur et à l’indolence du soumis et la bataille tenterait de me faire choisir mon camp. Ai-je besoin de mettre à l’épreuve cet équilibre précaire ? Non.
Je pratique donc le slalom. Les sports ont tous une portée très symbolique (Plongeon, relais, escalade, sports d’équipe, etc.) et favorisent un apprentissage essentiel de la vie d’homme. Le slalom, c’est l’apprentissage de l’art d’accomplir son chemin, en évitant les obstacles avec élégance. Je ne suis peut-être pas le seul à m'en rendre compte ? Si ? Tout le monde savait ?
Instinctivement j’ai toujours eu en aversion l’idée qu’on ne pouvait appartenir qu’à un camp ou à l’autre. Malgré ça, je me suis beaucoup démené pour tenter d’appartenir à l’un d’eux, dans toutes les situations, en y réussissant jamais vraiment. Mais parfois j’ai pu faire illusion. Aussi le choix entre soumis ou dominant a longtemps été la source d’un tiraillement laborieux. Et je ne parle pas que de l’aspect sexuel, ou si, si l’on considère que le sexe est une composante beaucoup plus large que sa seule pratique. Le tiraillement, c’est très inconfortable au quotidien, tu le sais. Ça peut aller jusqu’à t’immobiliser totalement. Cependant, choisir son camp ne m’est jamais apparu comme une solution.
J’avais une trentaine d’années, lorsque exposant ce dilemme à un camarade de passage, sa réponse a ouvert une perspective que je n’avais sottement pas envisagée. La troisième voie : « être insoumis ». On peut choisir de ne pas se soumettre, tout en refusant de dominer l’autre. Trouver un point d’équilibre qui ne fasse pas la part belle aux excès mortifères, vivre son chemin singulier en harmonie avec un soi, sans laisser sur le chemin une partie de ce soi qui reste insaisissable, souvent.
Je dois avouer que ça tiraille toujours. On ne résout jamais rien définitivement sans doute. Mais au moins je vois un chemin et son horizon est lointain.
Pour les hédonistes de tout poil : le clip de "Gobbledigook" de Sigur Rós, réalisé par ce photographe américain, est une vraie merveille. Censuré pour une raison qui m'échappe. Il faudrait au contraire le diffuser dans toutes les maisons de retraites, de repos et à toute personne envisageant de prendre un nouveau crédit à la consommation. La qualité médiocre de son visionnage sur youtube, quand il mériterait un écran géant avec son dolby surround, nous oblige à ouvrir grand nos yeux et laisser s'emballer l'organe situé entre nos deux oreilles. Enjoy !
Extrait de dialogue in "Desperate Living" :
- "Oh, Garbage-man (homme-poubelle), mon amour, je me suis masturbée 14 fois hier en pensant à toi."
- "Ma chérie, chaque déchet que je ramasse me rappelle ton doux visage. Je t'aime !".
J'avais envie de partager ça avec toi, lecteur. Enjoy !
Ma lecture du roman de Christopher Isherwood « Un homme au singulier » aujourd’hui cristallisée en un signe de main, d’une de ses élèves, assise au loin sur une pelouse qu’il traverse. Un signe de main. Rien que ça. Que peut-on attendre d’autre ? Je veux dire : de plus précieux.
Cela acquis, ma seule interrogation concrète : que faire de tout le temps qui reste ?
En levant un peu les yeux, on peut lire :
"Il depend de celui qui passe /
que je sois tombe ou trésor /
que je parle ou me taise /
ceci ne tiend qu'à toi /
Ami n'entre pas sans désir."
Ami n'entre pas sans désir !
De suite, je me suis dis, toi je t'adopte. J'aimerais bien que vous en fassiez autant.
Avis à la science !
Manipulation génétique souhaitée : croisement Richard Brautigan / Sufjan Stevens avec mère porteuse défoncée à la barbapapa.
Merci de me tenir au courant.